Un péage métropolitain pour répondre à la double crise de la congestion et du financement de la mobilité

En 2018, le Gouvernement du Québec lançait un vaste chantier sur le financement de la mobilité. Huit ans et une pandémie plus tard, les conclusions de ce chantier n’ont jamais été divulguées et les défis de financement sont devenus une crise. La dégradation des infrastructures et le manque de financement font entrevoir une dégradation des services, une augmentation de la congestion et une menace importante à la mise en œuvre des plans d’aménagement urbain de la CMM et de la Ville de Montréal. L’heure des grandes décisions est venue si nous ne voulons pas voir la métropole suffoquer sous le poids d’un nouveau cycle de tergiversation.

Le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon a pris des engagements importants en matière de mobilité au sein de sa plateforme environnementale et les a réitérés lors du débat électoral sur la mobilité dans le grand Montréal du 1er septembre dernier. Il s’engage à bonifier l’offre de transport collectif avec des investissements dans le développement de nouvelles infrastructures ainsi que dans le maintien des actifs. 

Dans le contexte métropolitain, nous avons besoin de financements massifs pour résorber le déficit de maintien des actifs (7 G$ seulement pour le métro en plus des besoins pour l’entretien des routes - 5,6 G$ à Montréal seulement). Nous avons également besoin d’investir pour  pour doter l’ensemble du territoire de transports collectifs performants. Nous pensons en priorité au projet structurant de l’Est, mais aussi au tramway du Sud-Ouest et au prolongement de la branche ouest de la ligne orange. À terme, chaque secteur de la métropole doit bénéficier d’une desserte structurante selon la planification de l’ARTM, or il sera impossible d’y arriver sans revoir le financement de la mobilité ET identifier de nouveaux mécanismes de financement. Le nouveau gouvernement et l’administration Martinez Ferrada sauront-ils relever le défi?

C’était tout l’objet des activités que nous avons organisées le 22 septembre en partenariat avec l’Alliance Transit portant sur les expériences internationales de financement dédiés à la mobilité à l’échelle d’une métropole. Philipp A Washington nous a montré comment l’adhésion des communautés a été construite à l’échelle du comté de Los Angeles pour voter une taxe sur la consommation de 120 G$ sur 40 ans afin de financer le développement et l’entretien du transport collectif, mais aussi des infrastructures routières et de mobilité active. Jean-Philippe Meloche, professeur à l’Université de Montréal, nous a démontré l’efficacité des péages urbains pour atteindre le double objectif de réduction de la congestion et de financement de la mobilité urbaine. Un des plus récents est le péage urbain mis en place sur l’Île de Manhattan et dont Montréal pourrait s’inspirer.

Par ailleurs, le rapport de l’UMQ, piloté par Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau, montre que les infrastructures municipales sont insuffisamment financées mais surtout qu’il faut un nouveau pacte provincial-municipal dans lequel les municipalités se donnent les moyens de mieux assumer leurs responsabilités de maintien et de développement de leurs infrastructures. Le rapport envisage l’écofiscalité pour le financement des infrastructures d’eau. Considérons la même chose pour les systèmes de transport.

Les responsables de la région de Montréal et le gouvernement du Québec doivent donc s’entendre pour mettre en place un outil de financement dédié et permanent pour la mobilité dans le grand Montréal. Le péage urbain pourrait être cet outil qui répondrait également aux enjeux de congestion automobile. Il faut remarquer que dans un contexte relativement défavorable aux nouveaux prélèvements gouvernementaux, la moitié de la population est déjà favorable à la mise en place de péages pour sortir du marasme. Il y a là un momentum à saisir pour construire l’adhésion auprès du reste de la population et pour travailler main dans la main entre les responsables régionaux et le gouvernement du Québec pour remettre la mobilité de la métropole sur les rails. 

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