Montréal, le 27 novembre 2025 - L'Alliance TRANSIT, dédiée au financement des transports collectifs au Québec, s’insurge du détournement des surplus du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) vers le Fonds des générations et réitère que ceux-ci doivent impérativement servir à des projets de lutte aux changements climatiques, notamment au développement des transports collectifs.
Au début du mois, le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Bernard Drainville, a déclaré « Si jamais, à la fin d’une année, il y avait un surplus et qu’il était transféré aux finances, et que le ministère des Finances décidait de l’utiliser pour le FORT, à ce moment-là, il sera utilisé pour le transport collectif. Écoutez, pour moi, ça me paraît évident ». Une fois de plus, le gouvernement revient non seulement sur son engagement, mais met en péril la pérennité du réseau de transport collectif en le privant d’une source de financement essentielle provenant du marché du carbone.
« Ce détournement de fonds représente tout simplement un désengagement total du gouvernement du Québec dans sa mission de financer le transport collectif, et plus largement, la lutte contre les changements climatiques. Les générations actuelles et futures ne devraient pas avoir à payer le prix d’un réseau de transport déficient et de la crise climatique afin de réduire artificiellement le déficit budgétaire d’un gouvernement qui a mal géré les finances publiques dans les dernières années, comme le démontre le déficit budgétaire de 14 milliards de dollars et la dizaine de milliards de dollars prévue pour construire un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis », affirme Philippe Jacques, codirecteur général de Trajectoire Québec et porte-parole de l’Alliance TRANSIT.
« Il faut cesser de voir les transports collectifs comme des postes de dépenses et plutôt les voir comme des investissements. Au-delà des bénéfices pour l’environnement, les transports collectifs génèrent énormément de retombées économiques et de bienfaits sur la santé et sur l’équité. Lors des récentes grèves dans les sociétés de transport, c’est toute la société qui était mise sur pause lorsqu’il n’y avait pas de services de transports collectifs offerts. Il faut être cohérent aujourd’hui et financer les transports collectifs au lieu d’éponger la dette avec les fonds qui lui sont destinés », exprime Florence Junca-Adenot, professeure, département d’études urbaines et touristiques, UQÀM et porte-parole de l’Alliance TRANSIT
Nous rappelons que la Coalition Avenir Québec s’était engagée lors de l’élection partielle de Terrebonne à rééquilibrer les investissements en transport à 50-50 entre le transport routier et le transport collectif et de faire croître l’offre de transport collectif de 5% par année, conformément à la Politique de mobilité durable 2030, et à donner suite aux recommandations du chantier sur le financement de la mobilité durable piloté par le gouvernement. Nous sommes toujours en attente des premières annonces allant en ce sens.
L’Alliance TRANSIT portera ce message au ministre de l’Environnement en commission parlementaire cet avant-midi lors de la consultation sur les cibles climatiques.
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À propos de TRANSIT
La mission de TRANSIT est de favoriser le développement et l’amélioration des services de transports collectifs au Québec, en s’assurant qu’ils reçoivent le financement nécessaire pour permettre au plus grand nombre possible de citoyens et de citoyennes d’en bénéficier. Depuis sa création en août 2011, TRANSIT publie des rapports d’analyse et fait état de plusieurs recommandations pour pallier la crise des transports et aider le gouvernement et les organisations de transports collectifs à atteindre leurs objectifs d’achalandage d’ici 2030. L’Alliance TRANSIT regroupe une cinquantaine d’organisations de divers domaines.
Renseignements
Philippe Jacques
philippe@trajectoire.quebec
514 777-6187